Paracha Qorah selon le SFORNO

  Cycle : la paracha selon le Sforno* 

   Sforno 1

Paracha Qorah’ 5778

Selon le commentaire du SFORNO La paracha Qorah’ s’ouvre sur le récit d’une révolte entre Qora’h et Moché et Aaron contre l’ordre établit par D’ieu de la hiérarchie du pouvoir religieux et politique. D’un point de vue simple, on peut comprendre cette querelle : l’orgueil et l’appétit du pouvoir sous couvert de conduites démagogiques servent de paravent à la jalousie, rivalité ou aux envies de régner et d’honneur. Ces envies n’épargnent personne, même un érudit de l’ampleur de Qorah’.

Le commentaire du Sforno sur cette section semble s’appuyer sur une lecture assez logique et littérale du texte, en n’y ajoutant que peu d’interprétation particulière. Sur les 3 premiers versets de la paracha, on peut y lire que les 250 princes se sont réunis au moment où Moche et Aaron rendaient un jugement publique au milieux du peuple d’Israël et se sont présenté comme s’ils étaient venu innocemment, et que, sous l’impulsion de Qorah’, Datan et Aviram ils prirent parti à la rébellion « comme un seul homme ». Afin d’avoir le plus d’impact sur le reste du peuple et de rendre leur discorde « nationale ».

 A première vue, les mots du Sforno montrent une certaine mauvaise foi de la part des princes d’Israël, on y voit aussi la conséquence extrêmement néfaste que peut avoir ce genre d’acte en publique de la part de personnalités censées représenter l’élite politique et religieuse ce qui discrédite complètement le pouvoir déjà en place. De plus ils ont agi « comme un seul homme » à l’instar de leur acceptation au mont Sinaï de la Thora. Cette unité apparente orientée vers le mal peut avoir autant de conséquence négative à l’échelle du peuple que la même force d’unité dans le bien.

Par ailleurs le reproche fait à Moché et Aaron concerne la légitimité de leur fonction respective, politique et sacerdotale ainsi que les «privilèges» octroyés aux enfants d’Aaron. Ils sont à priori guidés par une volonté d’accéder à plus de Qedoucha et d’accomplissement du service divin. Cependant la notion d’un choix et d’une distinction d’ordre divin est inexistante dans ces versets. Qorah’ et son assemblée ne pouvaient pas avoir oublié ce détail aussi rapidement et « naïvement ». Un de leurs arguments est que « tous sont saints », tous les membres du peuple. Et donc par conséquent qu’il n’existe pas de hiérarchie religieuse et sacerdotale voulue par D’ieu en conséquence de la faute du veau d’or. Finalement cette rébellion d’hommes d’élite, d’érudits en thora, semble complètement effacer le choix divin de cette organisation de la société et l’unité qui existe dans cette idéologie aggrave encore plus leur faute. La vitrine laisse transparaitre une cause louable d’égalité dans l’accès à la Quédoucha et au service divin mais les arguments employés trahissent une certaine mauvaise foi à la recherche de pouvoir.

Moché rétablira la place de l’ordre divin en leur disant que Hachem choisira aux yeux de tous, mais surtout lorsqu’il dit en 16, 9 : « Est ce peu pour vous que le D’ieu d’Israël vous ait séparés de la communauté d’Israël pour vous approcher vers Lui, pour servir le service du tabernacle de Hachem, et pour vous tenir devant la communauté pour faire le sacerdoce pour eux ». Le Sforno précise que c’est pour servir D’ieu par le chant, le transport des ustensiles du beth hamikdach et d’autres travaux et que D’ieu a voulu qu’ils accomplissent ce service devant la communauté afin de les informer de leurs défauts en raisons desquels ils ont été disqualifiés pour le service et qu’ils ont été choisis à leur place. Ce qui leur confèrent une place de choix dans la hiérarchie d’Israël voulue par D’ieu lui-même, chose qu’ils ont omis de mentionné et qui prouve que leur intérêt personnel passaient avant tout. Une première lecture du récit de Qorah’ permet de voir que les combats pour le pouvoir menés sous couvert de belles idées cachent souvent un intérêt personnel, qui plus est lorsque la source première de ce pouvoir conféré est oubliée. Moché tente dans une première réponse de leur rappeler leur élection divine et qu’ils se trompent de combat et puis leur fait comprendre qu’il n’a pas cherché son propre profit comme le font souvent les hommes de pouvoir mais seulement le profit du kahal (Sforno sur 16 ; 15). Ce passage fait écho de nos jours dans nos sociétés ou ce jeu malsain est devenu plus que fréquent. Interrogeons-nous sur le réel objectif de ce que nous cherchons quand il s’agit de rôle dans la société : notre intérêt ou le bien de tous…

 

 

 Yaacov Malka

 

 
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