Le Minhag

LE MINHAG

 

par Yona Ghertman

 

Minhag

 

Les traditions sont en  odeur de sainteté dans les cocons communautaires et religieux. Chacun s’accroche aux siennes en essayant par là de se trouver une identité qui ne saurait se suffire des considérations générales que « la Halakha » peut offrir. L’identité est rarement une, puisque les actes de l’homme ne sont pas le fruit d’un seul arbre, mais de plusieurs branches. Patrie d’origine, famille, maîtres, ou groupe social sont autant de facteurs expliquant la pratique d’un individu adulte. Contradictions et tensions peuvent naître au sein de la même personne soumise à différentes influences.

Il n’est question ici que des juifs observant la loi, désirant la respecter scrupuleusement tout en gardant leurs traditions, aussi variées soient-elles. Un juif habitant en France connaît un judaïsme différent du juif habitant en Espagne ou en Australie. Sa famille peut venir d’Algérie ou d’Alsace ; la communauté qu’il fréquente peut être constituée de personnes originaires d’autres lieux, et le maître dont il bénéficie de l’enseignement peut lui aussi venir d’un horizon autre.

Au-delà des controverses portant sur l’interprétation de la loi ; au-delà des différentes manières d’appréhender la pensée juive (hashkafa), se trouve chez certains «  la tradition ». « Au-delà », car le poids du cœur peut peser sur le cerveau du juif rationaliste en l’incitant à observer des pratiques sur lesquelles il n’a pas forcément réfléchi. La nostalgie des habitudes familiales, par exemple, peut entraîner le juif d’étude cartésien au plus grand des folklores. Mes amis qui se reconnaîtront ne m’en voudront pas, je l’espère, de souligner le paradoxe du juif plongé dans l’étude d’un passage du Guide des Egarés le soir de Pessa’h, après avoir fait tourner le plateau autour de la tête des membres de sa famille. Et l’étude a posteriori des justifications diverses et variées d’auteurs désireux de donner sens aux sentiments n’y changera rien. Le paradoxe est là, sûrement légitime, logique, mais aussi frustrant, car occultant le « pourquoi » du talmudiste sous l’affection ou la norme sociale.

Il serait toutefois regrettable de limiter le sujet du « minhag » au simple registre des sentiments. Les coutumes obligent-elles ? Dans quelle mesure ? Quel est le rapport entre coutume et loi ? Pourquoi une tradition, commencée comme une habitude facultative, prendrait-elle soudainement le statut d’une loi contraignante ? Lorsque cela est effectivement le cas, comment ce passage s’opère-t-il ?

L’objectif de cet article sera de délimiter ce que signifie réellement ce concept pour les Sages du Talmud, afin de redonner la priorité à l’étude plutôt qu’à l’affectif dans un sujet sur lequel les idées reçues ont la vie longue.

 

TEXTE :

 

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Nombre de pages : 13

Niveau de difficulté :

Le texte est accessible à tous.  Les notes en fin d'article constituent essentiellement un approfondissement du texte destiné aux talmudistes

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 27/05/2015