À son image

                   À Son image : universalisme et humanisme dans la pensée biblique et talmudique

 

 

par Gabriel ABENSOUR

 

À une époque où certains affirment que la Torah serait raciste, tant parmi les juifs pratiquants que dans les cercles antisémites, il m'a paru important de consacrer une étude sérieuse à la place d'idées humanistes et universalistes dans les textes de la Tradition juive. Le Dieu de la Bible se soucie-t-il des autres peuples ? L'élection d'Israël lui confère-t-il une quelconque supériorité raciale ? Que pense la Torah du non-juif ? Tant de questions qui ont fait couler beaucoup d'encre et de sang aux cours des siècles passés.Cet article ne se veut pas être un résumé technique du rapport du Talmud aux nations et aux gentils, il cherche à prouver qu'une vision humaniste et universaliste du monde peut tout à fait puiser sa source au cœur même des textes du judaïsme.


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Nombre de pages : 19

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Commentaires (6)

1. David T 05/03/2013

Très clair et très riche! Un peu moins convainquant par endroits que par d'autres quand même, notamment les arguments de la fin. Est ce que les non juifs spécifiques du Talmud sont si méprisables que ça, ou n'est ce pas déjà le regard portė sur eux qui est biaisé, et les exclut d'une humanité qu'on a beau jeu de célébrer par ailleurs si on porte un tel regard sur les étrangers particuliers qu'il a été donnė aux sages en question de rencontrer? Le risque apologétique existe même la, non?

2. Gabriel Abensour 05/03/2013

Bonjour,

Il existait beaucoup de contacts entre les sages du Talmud et les non-juifs de leurs époques. Les Tanayim vivaient sous domination romaine, une partie des Amoraïm également. L'autre partie vivait parmi les non-juifs de Babylonie.
Notons également les contacts avec la Grèce, le Talmud lui même utilisant bien souvent des termes grecs (Sanhedrin, Aspéklaria, Métatrone, etc...) mais aussi des connaissances scientifiques grecques.

Notons que tous ces peuples étaient à tour de rôle ceux qui conquirent la terre d'Israël et asservirent les juifs. Les non-juifs que connaissaient le Talmud étaient donc pour la plupart des ennemis plus ou moins proches.

Pour moi, une des preuves du rapport correct des sages aux non-juifs découle des droits assez élevés qu'ils accordaient à l'esclave cananéen. Malgré le fait qu'il soit esclave, son meurtre était passible de mort, le blesser devait lui procurer sa liberté, on ne pouvait l'utiliser comme esclave sexuel, etc... Tant de pratiques qui avaient pourtant cours chez les peuples voisins.

Mais le risque apologétique existe toujours, j'en suis conscient !

Kol Touv

3. amar 06/03/2013

Votre article souffre d'un problème majeur : il plaque des notions modernes sur un contexte complètement distinct.

L'idée d'égalité comme celle du racisme sont des idées liées à la modernité. Dans ce cadre, pas étonnant que, comme vous l'écriviez, Les passages précités semblent réfuter toute idée raciale et placent la vie humaine en valeur suprême.

Idem quant à l'idée d'universalisme.

Dès lors, pas étonnant que, sauf erreur de ma part, vous ne mentionniez pas la halacha selon laquelle Esav Sone LeYaacov.

Pas de mention d'Amalec.

Me direz-vous je confonds le problème avec le traitement de nos ennemis - mais le fait d'avoir des ennemis constitue peut-être la limite de l'universalisme sur le plan politique.

Or, si le judaïsme repose sur un projet politique, peut-être qu'il ne peut être universaliste, sauf à renoncer à la terre d'Israël.

4. Lucie Esther (site web) 07/03/2013

Très bon article dans l'ensemble. (certains passages, notamment vers la fin, l'on voit que l'essoufflement dans l'argumentation est proche, ce qui ne veut pas dire que les arguments sont faux mais plutôt que la formulation et la force d'argumentation sont à perfectionner pour réussir à asseoir la démonstration jusqu'au bout).

L'apologie, même si elle n'est jamais loin est évitée et le texte oblige à s'interroger et à réfléchir sur notre propre perception et mise en application des valeurs humanistes dans notre quotidien de juif religieux.

5. Elhadad 10/03/2013

Merci à l'auteur pour cette etude. Mais comment les juifs vivant en Israel aujourd'hui peuvent-ils, à la lumiere de cette ouverture de pensee, concevoir pratiquement et politiquement leurs relations avec les Arabes palestiniens? Ces principes d'une si grande bienveillance peuvent-ils garantir la paix et au-delà, la survie d'Israel? Comment les juifs qui croient à ces principes de tolerance peuvent-ils affronter le projet islamique d'effacement d'Israel en tant que nation autonome sur sa terre?

6. Gabriel Abensour (site web) 11/03/2013

Bonjour Elhadad,

Je pense que le conflit israélo-palestinien est relativement hors-sujet. Comme je l'ai écrit dans l'introduction, certains juifs religieux défendent une lecture beaucoup moins humaniste... À l'inverse, certains musulmans défendent également un islam éclairé et tolérant.

Pour imaginer une paix entre juifs israéliens et palestiniens, il me semble qu'il faudrait avant tout éviter les affirmations catégoriques comme celle que vous écrivez : " le projet islamique d'effacement d'Israel en tant que nation autonome sur sa terre".

Ceci étant dit, il est évident que tolérance ne signifie pas naïveté et qu'on ne peut en aucun cas se montrer tolérant avec quelqu'un nous voulant du mal. Comme nous l'enseignent les maîtres du Midrash : הבא להורגך השכם להורגו. "Celui qui vient de tuer, tues le avant" (Bamidbar Raba 21:4). C'est à dire que bien que la tradition juive réprouve assez catégoriquement toute effusion de sang et toute attaque sans but, elle nous adjoint tout de même de prendre soin de nos propres vies avant toute chose.

Notons d'ailleurs que l'État d'Israël, en s'inscrivant dans cette tradition, a appelé son armée צבא ההגנה לישראל, "Armée de DÉFENSE d'Israël". C'est tout à son honneur.

Kol Touv

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Date de dernière mise à jour : 04/03/2013