Introduction du Netsiv à Bémidbar

*Cycle : la Parasha selon le Nétisv

Naftali tzvi iehuda berlin ha natziv 1a 2

L'introduction du He'meq Davar

au Livre de Bemidbar, Les Nombres

 

En hommage à Henri Ackermann

qui m'a fait découvrir le He'meq Davar

Au début du commentaire de chaque Livre de la Torah, le Rav Naphtali Tsvi Yehouda Berlin (Nétsiv) écrit une introduction dans laquelle il présente les grandes lignes du Livre, observé comme une entité littéraire propre. Ces introductions font ressortir la méthodologie générale de son commentaire, le He'meq Davar. C'est ce que nous nous proposons de présenter au travers de l'introduction du Netsiv au quatrième Livre de la Torah.

פתיחה לספר במדבר

זה הספר נקרא בפי המשנה יומא פרק ז' ועוד, ורבי חנינא בן גמליאל סוטה דף ל"ו חומש הפקודים. וכן כתב בעל הלכות גדולות. ונרשם בדעת רבותינו עניין שני הפקודים שבזה הספר, יותר משארי דברים שמיוחדים בזה הספר, כמו המרגלים וברכת בלעם ועוד הרבה, משום דעיקר זה הספר הוא מחליף ומשנה הליכות עם ה' בחיי העולם מאז שהגיעו לארץ ישראל מן הדרך שהלכו במדבר: שבמדבר היו מתנהגים במדת תפארת שהלך לימין משה, שהוא לגמרי למעלה מהליכות הטבע, ובארץ ישראל הלכו בדרך הטבע, בסתרי השגחת מלכות שמים ברוך הוא. וזה השנוי התחיל עודם במדבר בשנת הארבעים כמו שביארנו בפרשת חקת. על פי זה השינוי נעשו מלחמות ישראל עם הכנעני ועם סיחון בדרך הטבע, וגם המטה לא היה עוד ביד משה תמיד אלא לעת הצורך לפי ההכרח, כמו שביארנו שם.

ועל זה השינוי המצויין בזה הספר אמרו חז"ל בבראשית רבה פרשה ג': "(בראשית א ד): "ויבדל אלהים בין האור ובין החשך" - זה ספר במדבר, שהוא מבדיל בין יוצאי מצרים ובין באי הארץ", דבהליכות יוצאי מצרים היה אור השגחת ה' מופיע לעין כל, שהוא כבוד ה' ותכלית הבריאה משא"כ בהליכות באי הארץ היתה ההשגחה מכוסה ורק המביט בעין יפה היה מרגיש בה כמו ההולך בחשכת לילה, או רק לפרקים היה נרגש ההשגחה לעין כל, כמו אור הברק המאיר חשכת הלילה.

אכן עיקר ההפרש הזה היה ניכר בשני הפקודים שהיו שני עניינים שוים בחומר המעשה, ונשתנו בצורת המעשה לפי הליכות ישראל, משום הכי בפעם הראשונה היו על פי סדר הדגלים מארבע רוחות כמרכבה לשכינה, והיה אפרים ראש הדגל וקודם למנשה, ולא כן בפקודי פרשת פינחס בשנת הארבעים, כמו שכתבתי בפנים ב' כ'.

ועוד בפקודי פרשת במדבר היו הראשים מוכרחים להיות מאותו השבט, ולא כן היה בפקודי פרשת פינחס בשנת הארבעים, כמו שכתבתי בפנים א' מקרא ב', משום הכי רשום זה הענין מאד, עד שראו חז"ל לקרוא שם להספר חומש הפקודים.

והנראה דעל פי זה הכוונה אמרו חז"ל ד"ויהי בנסוע הארון" (במדבר י לה-לו) הוא ספר בפני עצמו, ללמדנו באשר כי התחלת השינוי היה מן (במדבר יא א): "ויהי העם כמתאוננים" וגו', כי בשביל שהתנהגו במדת תפארת נענשו מיד אחר שחטאו, כי היה צל ההשגחה על יד ימינם, ודבר זה היה קשה עליהם לסבול עד שגרם לשלוח מרגלים כאשר יבואר ראש פרשת שלח, ומזה נשתלשל והלך עד שהגיע לזה השינוי, כאשר יבואר שם. ואם כן, פרשה זו קטנה היא המחלקת בין שני אופני הליכות ישראל, עד שכל חלק אחד מן הספר הוא ספר בפני עצמו, כמו זה ההילוך הוא ספר בפני עצמו, וזה ההילוך הוא ספר בפני עצמו, וכמו שכתבתי בפרשת בראשית על הפסוק (בראשית ה א): "זה ספר", שספור עניין גדול נקרא ספר.

 

 

La méthodologie du Nétsiv dans son He'meq Davar.

Les commentaires de la Torah du Nétsiv de Volozhin suivent généralement le plan suivant :

1. L'attention à chaque détail de la Torah :

Le Netsiv s'interroge sur la nécessité d'une seule lettre, de tout un paragraphe ou d'un livre entier qui peuvent apparaître superflus. Il compare à chaque fois des versets qui se ressemblent pour faire apparaître leurs différences, aussi minimes soient-elles et purement formelles. Des questions se posent alors afin de comprendre avant tout le sens pshat, obvie, du texte.

2. La référence aux écrits des Sages :

C'est en étudiant les enseignements de l'époque talmudique que le Netsiv tente de répondre aux questions soulevées précédemment. Le Zohar et les enseignements du Ari Zal font partie du corpus de référence du Nétsiv. Mais, à la différence des textes de la guémara ou des midrashim qu'il cite précisément, les apports de la qabbala sont peu ou pas référencés ; seules les idées sont rapportées dans un langage volontairement éloigné du lexique spécifique du Zohar ou de la pensée Louriannique. Le commentateur use d'allusions qui permettent au lecteur initié aux idées de la qabbala de faire le lien avec le commentaire étudié.

Le Nétsiv fait appel aux commentaires des rishonim, Ramban en particulier. Il s'en inspire pour trouver des réponses à certaines questions, sans qu'ils fassent autorité[1].

3. L'interprétation des enseignements rabbiniques :

Les écrits des Sages apportent rarement une explication directe à une question soulevée par l'étude des versets. Il est indispensable de déchiffrer le langage des hakhamim et de les interpréter. Ils apparaissent alors comme des clefs de lecture de la Torah.

4. L'élaboration d'un système cohérent :

Les interprétations des Sages et les commentaires des mots et des versets spécifiques contribuent à former un système général de concepts qui éclaire l'ensemble des versets de la Torah. On peut alors,  en faisant ressortir les lignes directrices de ce système et ses principes, découvrir une pensée du Nétsiv sur l'humain, la nature, la société ou la politique par exemple.

Évidemment, le Netsiv ne respecte pas nécessairement cet ordre méthodologique. La lecture première d'un midrash ou les idées maîtresses développées en un endroit peuvent initier le travail de commentaire en faisant apparaître certaines particularités du texte de la Torah.

On peut donc dire que le commentaire du Netsiv sur la Torah est un commentaire classique au monde des yeshivot, dans le sillage du Gaon de Vilna, se référant à l'autorité absolue de la tradition orale des Sages pour comprendre la torah écrite. Le regard personnel du Netsiv, son « hiddoush », s'exprime surtout sous deux aspects :

- dans l'attention portée à certains détails du texte

- par l'interprétation quasi-systématique des enseignements des hakhamim qui peuvent apparaître alors tout à fait nouveaux et parfois très modernes pour un lecteur contemporain.

Le plan du quatrième Livre de la Torah

Le Livre de Bemidbar est composé de plusieurs récits séparés les uns des autres par des commandements. Ces récits relatent des épisodes de la traversée du désert qui se sont produits soit la deuxième année de la traversée, soit la quarantième. La transition entre la deuxième et la quarantième année n'est pas explicite dans le texte de la Torah, elle ressort toutefois de l'étude attentive du texte.

Il paraît alors logique de partager le livre en deux parties :

  • La première partie est celle de traversée du désert depuis le Mont Sinaï jusqu'à l'étape de Qadesh par la génération des enfants d'Israël sortis d'Egypte. Cette génération se prépare à l'entrée dans le Pays de Kéna'an mais, en raison de sa peur, n'y entre pas et est condamnée à mourir dans le désert.
  • La deuxième partie est celle de l'histoire de la génération suivante, 38 ans plus tard, depuis Qadesh jusqu'aux plaines de Moav, face à la ville de Yériho. Cette deuxième génération se prépare à son tour à entrer dans le pays de Kéna'an et est sur le point d'y entrer à la fin du Livre.

Chacune de ces deux parties de la traversée du désert est ponctuée d'épisodes de plaintes, de révoltes et de fautes du peuple d'Israël, comme cela s'était déjà produit lors du premier trajet depuis l'Egypte jusqu'au Sinaï.

Ce partage du Livre en deux parties correspondant aux deux générations peut expliquer, à première vue, le nom donné par les Sages au Livre de Bemidbar : Happeqoudim, Les Recensements, qui a donné par le détour de la traduction grecque : Les Nombres.

Deux recensements sont décrits dans le Livre de Bemidbar, celui de la deuxième année de la traversée du désert et celui de quarantième. Le premier est celui des hommes de plus de vingt ans sortis d'Egypte, le second est celui de la génération suivante qui entrera dans le Pays de Kénaan. Hormis Kalev et Yéhoshoua', pas un homme du premier recensement n'est compté dans le second.

Le Livre, ainsi partagé, et les deux recensements, très ressemblants dans leurs formes, donnerait l'impression d'une histoire finalement continue, dans laquelle une génération remplace la précédente et poursuit le chemin que les pères ont entamé mais n'ont pas eu le mérite de voir aboutir. Une fois les hommes remplacés, l'histoire ne changerait pas, elle ne serait que retardée.

A l'opposé de cette conclusion, le Nétsiv apporte un enseignement du Midrash Rabba :

 "ויבדל אלהים בין האור ובין החשך" (בראשית א ד) - זה ספר במדבר, שהוא מבדיל בין יוצאי מצרים ובין באי הארץ"

בראשית רבה פרשה ג

« Et E-lohim sépara entre la lumière et l'obscurité » (Gen. I, 4) [Ce verset est une allusion à un Livre de la Torah.] C'est le Livre de Bemidbar, qui sépare ceux qui sortent d'Egypte et ceux qui entrent dans le Pays.

Béreshit Rabba, III

La différence entre une génération et la suivante est comparable à la différence essentielle qui sépare la lumière de l'obscurité. Le Livre de Bemidbar exerce cette « séparation » fondamentale. Le changement de génération ne constitue donc pas un simple remplacement de génération.

Il reste à déterminer en quoi les deux générations sont si différentes et pourquoi.

Un autre enseignement des Sages s'oppose à la division du Livre à l'endroit de la nouvelle génération. Les Sages partagent le Livre de Bemidbar de manière toute différente. Les versets 35 et 36 du chapitre X sont encadrés par deux signes particuliers : des lettres noun renversées. A ce sujet les Sages nous enseignent que les deux versets encadrés constituent un « Livre » à eux seuls, portant à trois le nombre de Livres dans Bemidbar et à sept le nombre de Livres de la Torah. Ces deux versets se situent précisément après tous les préparatifs nécessaires à la traversée du désert et à l'entrée en Kéna'an. Ils précèdent le moment du départ du peuple d'Israël du Mont Sinaï, juste avant les premières étapes et les nouvelles plaintes de la génération sortie d'Egypte. Il y a bien deux grandes parties dans le Livre de Bemidbar mais elles ne correspondent pas aux deux parties de la traversée du désert. Un changement radical se produit à l'intérieur du Livre durant la première génération ; Il est à l'origine du remplacement de générations ainsi que d'un très grands nombre d'autres détails du Livre de Bemidbar.

Une midda et l'autre

Pour comprendre ce qui se joue d'essentiel à l'intérieur du Livre de Bemidbar, le Nétsiv fait appel à des concepts de la qabbala, sans apporter cette fois de texte à l'appui. Le peuple d'Israël passe graduellement d'une relation au divin de type « Tiferet », « Gloire » à une relation de type « Malkhout », « Royauté »[2]. Le Nétsiv fait allusion à un verset du prophète Yisha'ya, sans le citer :

מוליך לימין משה זרוע תפארתו, בוקע מים מפניהם לעשות לו שם עולם.[3]

ישעיהו סג יב

Il fait cheminer le bras de Sa Gloire à la droite de Moshé ; Il fend la mer de devant eux pour se faire un nom éternel.

Isaïe LXIII, 12

La conduite du peuple d'Israël selon la middat tiferet est appelée par le Nétsiv : hanhaga nissit, la conduite miraculeuse. Elle est comparable à la présence d'un sujet à l'intérieur du Palais du Roi. Elle implique une exigence considérable et perpétuelle dans la façon de se tenir devant D. car la faute est sévèrement punie. La relation au divin est alors plus forte. Il pourvoit à tous les besoins du peuple d'Israël sans qu'aucune contrainte naturelle ou humaine ne puisse limiter l'émanation divine. Cette midda correspond parfaitement à Moshé, elle l'accompagne « à sa droite » pour l'aider à tout moment, sans même la nécessité d'une demande, d'une prière. Elle s'illustre par le bâton de Moshé qui représente les ottot, les signes divins ainsi que par la manne qui tombe du ciel en quantité et au moment nécessaires.

La conduite du peuple selon la middat malkhout est la hanhaga nisteret, la conduite cachée, dérekh hateva', selon le chemin de la Nature. Le Roi est invité. Le peuple devient le lieu d'une présence divine, la shékhina. La faute est toujours sanctionnée mais, avec la possibilité de réparation. La relation au divin est moins forte. Israël se doit de tenir compte des contraintes imposées par la nature et par l'humain. Le peuple peut cependant, par le moyen de la tephila, demander l'intervention du divin. Moshé ne correspond pas à cette midda, lui qui accède à une aspaqlaria méïra, une spéculation claire. Cette midda s'illustre par le désir de viande ou la nécessité de conquérir Israël par la guerre, par exemple.[4]

D'une midda à l'autre

Tout au long de son commentaire, le Nétsiv va apporter des explications extrêmement détaillées qui renvoient aux deux middot Tiferet et Malkhout. Pour qui s'arrête là, cela ne semble qu'une façon plus précise et plus érudite pour décrire la différence entre la conduite miraculeuse d'Israël dans le désert d'une part et celle en partie naturelle dans le Pays d'Israël. L'idée qui en ressort généralement est la nécessité pour Israël d'apprendre à vivre avec les contraintes de la nature sans abandonner le divin. Dans cette optique, l'erreur de la première génération, comme celle de Moshé d'ailleurs devant le rocher, serait de ne pas être capable d'effectuer ce passage indispensable d'une midda à l'autre, comme un enfant qui doit apprendre à manger seul et se détacher du sein de sa mère. Israël n'est pas voué à vivre dans le désert au pied du Sinaï, il doit conquérir une terre, bâtir des villes, travailler dans les champs et défendre ses frontières.

Or, telle n'est pas la compréhension du Nétsiv des multiples épisodes qui jalonnent la traversée du désert. La hanhaga nissit n'est pas un préalable nécessaire à l'avènement d'une ère de hanhaga tiv'it programmée dès la sortie d'Egypte ou l'alliance avec Avraham. Le Nétsiv montre que le passage d'une midda à l'autre résulte d'un choix du peuple d'Israël, un choix mu par la peur du « feu qui consume ». Des tensions fortes opposent à ce sujet différents groupes et individus à l'intérieur du peuple. Les trois premières étapes du peuple qui quitte le Sinaï ont montré combien une grande partie du peuple éprouve le sentiment (ou la volonté) de ne pas être capable d'assumer les implications de la présence d'Israël dans le palais de D.. Le peuple a donc choisi un autre mode de corrélation avec le divin.

Pour le Nétsiv, la Terre d'Israël peut très bien être le lieu d'une hanahaga nissit, le Palais du Roi. C'est au peuple de choisir. Si le peuple avait préféré que la middat tiféret se réalise complètement, il serait entré dans le pays de Kéna'an de manière complètement miraculeuse. Il y aurait alors établi une société, extrêmement exigeante mais qui par sa seule existence au-delà des lois de la Nature, aurait constitué un absolu qiddoush hashem, sanctification du Nom Divin pour l'Humanité, appelée à servir D. également.

En choisissant de suivre la voie d'une hanhaga tiv'it, le peuple ne se détache pas du divin. Il reçoit sa Présence et se laisse la possibilité de l'erreur et de la réparation. De fait, c'est l'exil d'Israël qui se trouve alors programmé. L'exil, inévitable, devient le moyen de faire connaître l'honneur d'Hashem parmi les Nations, par le mystère de la pérennité d'Israël.[5]

Il est à remarquer que le Nétsiv, pas plus que Moshé ou D. d'après lui, ne portent de jugement sur le choix d'Israël, à la condition que ce soit un choix sincère. Il faut choisir le chemin qui paraît convenable, leshem shamayim, au nom du Ciel.[6]

Nous touchons là un point important dans la pensée du Nétsiv. La relation du divin au peuple d'Israël est « panim el panim », selon l'interprétation qu'il donne à cette expression de la Torah. Le divin réagit en accord avec les choix de hanhaga du peuple d'Israël, ses choix dans l'Histoire[7]. Mais chaque choix implique des contraintes et des objectifs.

La nouvelle hanhaga a débuté graduellement dès le départ du Sinaï, comme un enfant qu'il faut sevrer. Ce changement mis en œuvre est radical pour l'avenir du peuple d'Israël. C'est la raison pour laquelle débute un nouveau « Livre » à l'intérieur du Livre de Bemidbar.[8]

Houmash happéqoudim

Il nous est apparu dans une première lecture que le nom « Les Recensements » était justifié par la division du Livre en deux histoires de traversée, chacune avec ses préparatifs et ses mésaventures à 38 ans d'intervalle. Le Nétsiv a montré que le découpage est différent. Alors pourquoi nommer le Livre Happéqoudim ?

Le Nétsiv est très attentif au titre donné par les Sages. Donner un titre à un Livre revient à en résumer la quintessence et constitue nécessairement une clef de compréhension du Livre entier. C'est par la comparaison minutieuse des deux recensements qu'il voit apparaître une différence entre un recensement tiferet et un recensement malkhout.

Les deux recensements sont très ressemblants dans leur forme : le compte des hommes de plus de vingt ans par famille et maison paternelle. Le Nétsiv remarque deux différences formelles :

 

Premier recensement

Second recensement

Choix des chefs

Les chefs de tribu doivent appartenir à la tribu

Les chefs de tribu ne doivent pas appartenir nécessairement à la tribu

Organisation du campement

La tribu d'Ephraïm est citée avant celle de son frère

La tribu de Ménashé est citée avant celle d'Ephraïm

La disposition des tribus et leur représentation doivent permettre l'expression de la Gloire divine. Mais les considérations politiques, économiques et militaires justifient de choisir un chef de tribu qui n'appartienne pas à sa tribu. De même, selon l'explication du Nétsiv sur le croisement des mains de Ya'aqov ainsi que du Sepher Shophetim et du Sepher Mélakhim, Ménashé est plus à même de conduire les affaires de la Nation.

Les deux recensements résument à eux seuls ce qui change dans le Livre de Bemidbar, d'une histoire miraculeuse à une histoire naturelle, et ce qui ne change pas : La mission d'Israël est encore de devenir un véhicule de la Présence, merkava lashekhina.

 

R. Ariel REBIBO

Texte en PDF : Introduction du netsiv a bemidbarintroduction-du-netsiv-a-bemidbar.pdf


[1]     Le commentaire de Rashy est différent des autres du fait que son commentaire consiste surtout à effectuer un choix parmi les enseignements des Sages et les réécrire afin de répondre aux questions posées par le peshat des versets.

[2]     Le Nétsiv n'utilise pas le terme de « séphira », mais celui de « midda », attribut, caractère. Bien qu'il revienne très souvent sur ce changement de midda, il ne nomme pas la midda de malkhout, ni dans l'introduction ni dans son commentaire, à de rares exceptions près (sur Nombres  XIV, 21). On trouve des sources à ce commentaire du Nétsiv à partir du verset de Yisha'ya dans le תיקוני זהר et surtout dans le commentaire de Rabbénou Behayé.

      ובגאותו - בזמן שהקב"ה מנהיג במדת תפארת הוא כנוי על השפעה נסית שאין צריך לעזר תפלה... (דברים לג כו)

[3]     Rashy : מוליך לימין משה זרוע תפארתו" - הקב"ה היה מוליך לימין משה את זרוע גבורתו בכל עת שהיה צריך לעזרתו של הקב"ה היה זרועו מוכן לימינו

[4]     Pour l'essentiel des différences entre les deux hanhagot dans le désert voir H. D. sur  XII,   et XX, 8

[5]     Pour la différence entre les deux hanhagot en Erets Yisraël, voir H. D. sur XIV, 21

[6]     Id. sur XVI, 14

[7]     On voit la proximité avec le Nephesh Hahayim, fondateur de la yeshiva de Volozhin et grand-père de la première épouse du Nétsiv.

[8]    ויהי בנסוע הארון" (במדבר י לה-לו) הוא ספר בפני עצמו, ללמדנו באשר כי התחלת השינוי היה מן (במדבר יא א): "ויהי העם   כמתאוננים (…) שספור עניין גדול נקרא ספר"

 
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