L'entendement en otage

L'entendement en otage

Une étude sur les sentiments en leur rapport à la loi

 

par Franck BENHAMOU

 

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            Parfois les mots abusent, comme les hommes, mais d'autres fois ils révèlent des vérités inattendues. Abuser de la confiance de quelqu'un se dit en hébreu gnévat daat, littéralement ou 'vol de l’entendement'. Les traductions littérales font le bonheur des hébraïsants amateurs, et le malheur des spécialistes : un abus de confiance ou une tromperie n'est pas un vol, la psychologie de l'extorsion du consentement est infiniment plus riche, et ne peut absolument être qualifiée de vol, même si parfois elle conduit à obtenir de l'argent de façon indue. De sorte que l'on est très étonné de lire que « le principe fondamental de tout vol est la gnévat daat » : la tromperie ne relèverait-elle pas plutôt du mensonge ? Avant d'arriver à l'obtention d'une somme ou d'un service indu, n'est-il pas nécessaire de mentir ? Mentir sur ce que l'on ressent et feindre de l'affection va nous permettre de montrer que parfois les sentiments ont une valeur légale.

 
 
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